J’ai passé dix jours au Chili, un pays long et contrasté qui change littéralement de visage selon les régions. Le voyage a commencé à Santiago, une capitale moderne entourée d’un décor spectaculaire : la cordillère des Andes, immense, blanche, presque irréelle. Malgré cette vue impressionnante, la ville en elle-même ne m’a pas marqué autant que je l’espérais. Elle fonctionne, elle vit, mais elle ne m’a pas offert le coup de cœur que certaines capitales peuvent provoquer.
Valparaíso, avec ses collines colorées, ses ruelles artistiques et ses ascenseurs historiques, a une identité très forte. Pourtant, malgré son charme bohème, la ville m’a laissé une impression mitigée. Les graffitis, les façades pastel et la créativité omniprésente séduisent immédiatement, mais l’ambiance générale n’est pas toujours très rassurante. Entre petits pièges à touristes et sentiment d’insécurité, j’ai eu du mal à m’y détendre pleinement, même si le décor reste unique.
Tout a changé en arrivant à Atacama. Le nord du Chili est un monde à part, un désert immense où l’on se sent minuscule. En autonomie, le road trip devient un pur plaisir : vallées minérales, cratères, lagunes turquoise, dunes, volcans, ciel immense. Chaque route ressemble à une carte postale. C’est un voyage sensoriel, presque silencieux, où l’on avance au rythme du soleil et de la poussière. Atacama, c’est la liberté totale dans un décor grandiose, et, en bonus, une transition parfaite pour s’habituer à l’altitude avant de rejoindre la Bolivie.
Le Chili en lui-même est un pays fascinant : un ruban géographique de plus de 4 000 km de long, qui passe des glaces de Patagonie aux déserts les plus arides du monde. Santiago en est le cœur économique et culturel, mais ce sont souvent les extrémités du pays qui marquent les voyageurs. Valparaíso, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est reconnue pour son héritage portuaire, son histoire littéraire et son architecture en amphithéâtre unique. Atacama, quant à lui, est l’un des déserts les plus secs de la planète, où certaines zones n’ont pas reçu de pluie depuis des décennies ; ses paysages géologiques extraordinaires sont parmi les plus étudiés au monde pour leur similitude avec Mars.
Ces dix jours ont été un voyage de contrastes : des villes parfois déroutantes, mais un désert absolument spectaculaire qui, à lui seul, justifie le déplacement. Atacama reste l’un de mes plus beaux souvenirs, un endroit brut et puissant, qui laisse une trace durable.
