La place du Centre civique de Shenzhen est le théâtre du plus beau spectacle urbain que j’aie jamais vu. À un moment précis, toute la ville se synchronise. Les façades s’illuminent, les tours se répondent, les couleurs se propagent bien au delà de la place. Tout est calé sur la musique, chaque variation sonore déclenchant une réaction immédiate dans la lumière. Ce n’est pas un décor, c’est une ville entière mise en scène.

Tout est d’une précision sidérante. Les immeubles deviennent des écrans vivants, les lumières pulsent, accélèrent, ralentissent, respirent ensemble. On a l’impression que la ville fonctionne comme un seul organisme. L’échelle, la cohérence et la maîtrise du spectacle dépassent tout ce que j’avais pu imaginer dans un cadre urbain.

Face à ça, l’émotion m’a submergé. Les larmes aux yeux, sans prévenir. Un mélange de surprise, de fatigue accumulée et d’intensité sensorielle. D’autant plus fort que, d’ordinaire, il m’en faut beaucoup pour m’émouvoir. Là, tout a lâché.

Et forcément, une comparaison s’est imposée. Je me suis demandé ce que peuvent ressentir les habitants de Shenzhen lorsqu’ils viennent voir nos illuminations de Noël. Ici, ce niveau de spectacle est quotidien, intégré à la ville, maîtrisé, assumé, pensé comme une œuvre globale. Là bas, nos décorations saisonnières doivent paraître faibles, bricolées, presque naïves. Après avoir vu une ville capable de se transformer chaque soir en spectacle total, nos guirlandes de Noël donnent l’impression d’un autre temps. Ce soir là, Shenzhen a déplacé mes repères de façon définitive.