Les Himbas que j’ai rencontrés dans la région de Hartman Valley comptent parmi les peuples les plus fascinants de Namibie. Leur présence, leur élégance et leur attachement profond à leurs traditions donnent l’impression de remonter le temps. Ils vivent encore selon un mode de vie pastoral, entièrement tourné vers leurs troupeaux de chèvres et de bovins qui représentent la richesse, la stabilité et le coeur de leur société.
Leur apparence est emblématique. Les femmes enduisent leur peau et leurs cheveux d’un mélange d’ocre rouge et de beurre appelé otjize. Cette couleur symbolise la terre et la protection, tout en préservant la peau des agressions du désert. Leurs coiffures, très élaborées, indiquent l’âge et le statut familial. Les hommes, eux, veillent au bétail et vivent au rythme des saisons et de la sécheresse.
Leur village s’organise autour du feu sacré, lien direct entre les ancêtres et les vivants. Le système de filiation himba est unique, mêlant héritage maternel et paternel, ce qui façonne les rôles et les décisions au sein de la communauté. Leur histoire témoigne d’une résilience impressionnante. Issus du grand groupe herero, ils se sont installés dans les régions reculées du nord ouest pour protéger leur mode de vie traditionnel face aux pressions extérieures.
Mais malgré la beauté de leurs traditions et la force de leur culture, les conditions de vie difficiles étaient perceptibles. Leur quotidien est rude, marqué par la sécheresse, l’isolement et un accès limité aux ressources. Ils ne paraissaient pas particulièrement heureux, du moins selon nos critères occidentaux. Et pourtant, il est toujours difficile de juger ce qui peut leur manquer, car beaucoup de choses qui nous semblent essentielles ne font tout simplement pas partie de leur univers.
Rencontrer les Himbas, c’est être confronté à un mode de vie profondément différent du nôtre. Un moment puissant, qui rappelle autant la richesse des cultures humaines que la diversité des façons d’habiter le monde.
