J’ai traversé une partie de la Bolivie en parcourant l’Altiplano et le salar d’Uyuni jusqu’à La Paz, une aventure aussi magnifique qu’éprouvante. Ici, tout se joue avec l’altitude. On vit, on roule, on dort entre 3 600 et plus de 5 000 mètres, et chaque respiration rappelle que l’on évolue dans un autre monde. Le décor est sublime, presque irréel, mais le corps doit s’adapter en permanence : rythme plus lent, souffle court, nuits difficiles. C’est une expérience totale.

L’Altiplano bolivien est l’un des paysages les plus spectaculaires que j’aie vus. Immenses plateaux balayés par le vent, déserts rouges, lagunes colorées, volcans parfaits et troupeaux de lamas qui semblent perdus au milieu de nulle part. On a parfois l’impression de rouler sur une autre planète. Chaque lac, chaque montagne a des teintes impossibles à décrire, sculptées par le froid et le soleil. Mais rien n’est facile : les routes cahoteuses, les variations d’altitude, la fatigue permanente… C’est un voyage exigeant, mais profondément marquant.

Puis vient le salar d’Uyuni, l’un des plus grands déserts de sel au monde, un espace blanc infini qui défie toute logique. Quand on y pénètre, le silence est total et le paysage se transforme en miroir parfait après la pluie, ou en étendue géométrique fracturée par le sel en saison sèche. La sensation est unique : rouler au milieu de ce vide lumineux procure une sorte de vertige, une impression de liberté absolue. C’est l’un de ces lieux où l’on comprend que la nature peut être à la fois simple, brute et grandiose.

L’arrivée à La Paz est un choc. La ville s’étend dans un immense cratère naturel, à plus de 3 600 mètres d’altitude, ce qui en fait l’une des capitales les plus hautes du monde. On y arrive par le haut, et l’on découvre un océan de maisons en briques rouges qui dévalent les pentes. Le système de téléphériques, spectaculaire et indispensable, sert de transport principal pour relier les quartiers accrochés aux montagnes. La Paz est intense, vivante, chaotique, mais fascinante. L’altitude y est omniprésente : on marche plus lentement, on ressent chaque montée, mais la vue sur la ville et l’Illimani au loin compense tout.

Ce voyage en Bolivie a été une suite d’émerveillements et de défis physiques. L’altitude impose son rythme, mais elle offre aussi ces paysages uniques, ces lumières cristallines, cette sensation d’être très loin du quotidien. Entre les déserts immenses, le salar d’Uyuni et l’arrivée renversante à La Paz, la Bolivie reste un voyage inoubliable, intense, et profondément différent de tout ce que j’avais vécu auparavant.