J’ai passé onze jours à explorer l’Île Nord de la Nouvelle-Zélande, un territoire fascinant où nature brute, spiritualité maorie et phénomènes géothermiques se mêlent en permanence. Le voyage a commencé à Auckland, une ville ouverte sur la mer, construite sur des volcans endormis. Moderne et agréable à vivre, elle donne déjà le ton : ici, tout semble lié à la terre et aux éléments.

En remontant vers le nord, le paysage devient plus sauvage jusqu’à atteindre le Cap Reinga, l’un des lieux les plus symboliques du pays. C’est là que les Maoris situent l’endroit où les âmes quittent le monde des vivants. Les deux océans, Tasman et Pacifique, s’y rencontrent dans une ligne mouvante, et l’atmosphère y est presque mystique. La lumière, le vent, l’isolement : tout contribue à la beauté du lieu.

Plus au sud, Rotorua m’a plongé dans un tout autre décor, marqué par l’activité volcanique. Le sol y fume, les odeurs de soufre flottent dans l’air, et les bassins naturels prennent des couleurs impossibles à inventer. À Wai-O-Tapu, la terre paraît vivante : cratères bouillonnants, lacs acides verts ou orange, geysers, textures minérales étranges. On marche au milieu d’un laboratoire naturel à ciel ouvert.

Les grottes de Waitomo ont été une autre étape marquante. On y pénètre dans une obscurité totale, puis le plafond s’illumine comme un ciel nocturne grâce aux glowworms, ces minuscules larves lumineuses dont la lueur bleutée crée un spectacle presque irréel. Avancer en silence dans une barque, guidé uniquement par ces points lumineux, est une expérience hypnotique.

Au fil du voyage, j’ai également pu découvrir les arbres kauri, l’une des merveilles de l’Île Nord. Ces géants millénaires sont parmi les plus grands arbres du monde : leur tronc peut dépasser plusieurs mètres de diamètre et leur durée de vie se compte en siècles, parfois jusqu’à deux mille ans. Ils étaient sacrés pour les Maoris, symboles de force et de stabilité, et leur bois a longtemps été considéré comme précieux. Se tenir devant un kauri donne une impression rare : celle d’être face à un monument vivant, immobile mais chargé d’histoire.

L’Île Nord a cette capacité d’offrir, sur une courte distance, une diversité presque déconcertante : plages sauvages, forêts anciennes, grottes magiques, terres volcaniques, culture profondément ancrée. Onze jours ont suffi pour en saisir l’âme, mais pas pour en faire le tour. C’est un territoire qui donne envie de revenir, tant chaque région possède son propre univers et son propre rythme.