J’ai passé vingt jours à parcourir la Thaïlande, en commençant par les deux côtes du Sud. D’un côté, le golfe de Thaïlande et ses eaux calmes, ses villages de pêcheurs et ses plages longues et paisibles. De l’autre, la mer d’Andaman, plus sauvage, bordée de falaises et de petites baies où la jungle semble toucher la mer. Passer d’une côte à l’autre donne vraiment la mesure de la diversité du pays : lumières différentes, rythmes de vie différents, même les saveurs changent légèrement selon la région. C’est d’ailleurs dans le Sud que j’ai le plus mesuré combien la cuisine thaïe est un pilier culturel. J’aurais pu manger du pad thaï matin, midi et soir tant tout est simple, parfumé, parfaitement équilibré.
Après cette parenthèse côtière, j’ai rejoint la région de Kanchanaburi. Là, le rythme ralentit. Les forêts, les rivières et la proximité des montagnes donnent une atmosphère presque spirituelle. J’y ai passé plusieurs jours dans un centre dédié au soin d’éléphants âgés ou retirés du travail forcé. Observer ces animaux évoluer librement m’a profondément marqué, surtout dans une culture où l’éléphant est un symbole essentiel : force, mémoire, protection. Kanchanaburi rappelle aussi une histoire plus sombre, avec les traces encore visibles de la Seconde Guerre mondiale, ce qui donne à la région une profondeur supplémentaire.
Bangkok a conclu le voyage avec une énergie totalement différente. C’est une ville immense, vibrante, épuisante parfois, mais fascinante en permanence. On passe sans transition des temples scintillants aux marchés de rue, des canaux tranquilles aux centres commerciaux futuristes, du silence des sanctuaires bouddhistes aux avenues saturées de vie. Tout coexiste et tout semble fonctionner dans un mouvement continu. On comprend vite que la modernité du pays ne s’est jamais construite contre ses traditions, mais avec elles : offrandes devant les boutiques, amulettes accrochées aux taxis, gratte-ciel surplombant des quartiers anciens inchangés depuis des décennies.
Ce voyage m’a rappelé à quel point la Thaïlande est un pays profondément accueillant. On y mange incroyablement bien, on rencontre des gens d’une gentillesse désarmante, et l’on se sent partout guidé par cette douceur propre aux Thaïs. Vingt jours n’ont fait que renforcer l’impression d’un pays généreux, multiple, où l’on a immédiatement envie de revenir pour poursuivre l’exploration.
