Le cimetière d’avions de Bangkok est l’un de ces lieux improbables qui marquent immédiatement. Des carcasses d’avions abandonnées, ouvertes, envahies par le temps et l’environnement. Un décor brut, très photogénique, presque irréel, loin de l’image classique de la ville.

Marcher à l’intérieur des fuselages, grimper sur les ailes, se retrouver à hauteur d’un cockpit vide donne une sensation étrange. On est à la fois dans un décor industriel et dans une scène figée, suspendue. C’est un lieu silencieux, malgré la ville toute proche.

Sur l’une des photos, je marche sur une aile d’avion. Impossible de ne pas avoir en tête, de façon totalement absurde, Dragostea Din Tei d’O-Zone. Un contraste parfait entre le décor et la légèreté involontaire du moment.

Ce cimetière d’avions résume bien Bangkok. Une ville capable d’offrir des lieux inattendus, décalés, où l’esthétique naît du chaos et de l’abandon. Un endroit qui ne se visite pas pour comprendre, mais pour ressentir et photographier.