Séoul conserve une présence très forte de ses traditions royales, visibles et lisibles directement dans la ville actuelle. Ici, le passé n’est pas isolé dans des musées. Il structure encore l’espace urbain et dialogue en permanence avec la modernité.
Les grands palais de la dynastie Joseon, comme Gyeongbokgung et Changdeokgung, en sont l’expression la plus claire. Leur organisation repose sur une succession de cours, de portes et de pavillons qui traduisent l’ordre, la hiérarchie et le rapport à la nature propres à la monarchie coréenne. Les décors peints, notamment le dancheong, donnent une identité visuelle très forte à ces lieux. Ces motifs colorés ne sont pas décoratifs au hasard. Ils symbolisent la protection, l’équilibre et l’autorité du pouvoir royal.
Autour des palais, les portes monumentales telles que Gwanghwamun ou Sungnyemun rappellent l’ancienne ville fortifiée. Elles marquaient les limites et les axes majeurs de Séoul. Aujourd’hui encore, elles s’imposent comme des repères historiques forts, enchâssés au milieu des routes, des immeubles et de la circulation moderne. Ce contraste est constant et fait partie de l’identité visuelle de la ville.
Les cérémonies de gardes royaux renforcent cette continuité. Leur présence, avec des costumes codifiés et des rituels précis, n’est pas une simple animation touristique. Elle participe à une transmission assumée de l’histoire nationale, visible et accessible à tous.
À quelques pas des palais, le village hanok de Bukchon prolonge cette lecture du passé, mais à une échelle plus intime. Les maisons traditionnelles, avec leurs toits incurvés et leurs ruelles étroites, évoquent la vie quotidienne de l’élite de l’époque. Le contraste avec la tour Namsan en arrière plan illustre parfaitement la superposition des époques à Séoul, sans rupture ni effacement.
À travers ces espaces, Séoul ne raconte pas son passé comme une époque révolue. Elle l’intègre pleinement au présent, en faisant de ses traditions royales un élément actif de son identité urbaine et culturelle.
