C’était ma deuxième visite à Kyoto, 9 ans après la première, pour deux nuits. Lors de mon premier passage, la ville ne m’avait pas réellement impressionné, pas tout à fait à la hauteur de sa réputation. Trop de lieux iconiques, trop de monde, et une sensation de distance. Cette fois ci, j’ai changé d’approche, et tout a basculé.
J’ai pris le temps de marcher, de sortir des axes évidents, de découvrir la ville hors des sentiers touristiques. En ralentissant, Kyoto révèle une autre dimension. Des quartiers calmes, des ruelles discrètes, une vie locale très présente, une élégance naturelle. La ville devient subtile, lisible, profondément cohérente. Et là, le coup de foudre a été immédiat.
Parmi les visites marquantes, le temple Otagi Nenbutsuji a été une vraie surprise. Situé à l’écart, dans le quartier d’Arashiyama, ce temple est célèbre pour ses 1200 statues de rakan, chacune sculptée avec une expression différente. Certaines sourient, d’autres méditent, d’autres encore semblent presque espiègles. L’ensemble est à la fois touchant, singulier et profondément humain, très éloigné de l’image classique des temples les plus fréquentés.
Il y a aussi eu ce moment particulièrement déconcertant pour un Européen. La montagne des singes, accessible directement depuis la ville. Se retrouver face à des singes en liberté, dans un environnement naturel, à quelques minutes seulement de l’urbain, crée un contraste saisissant et mémorable.
Kyoto ne se donne pas immédiatement. Elle demande du temps, de l’attention et une autre manière de la parcourir. Cette seconde visite a complètement changé mon regard. Deux nuits auront suffi pour effacer la première impression et révéler une ville profonde, délicate et incroyablement attachante.
