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Un an après le retour d’un tour du monde

Que reste-t-il ?

Le plus concret est le disque dur contenant les dizaines de milliers de photos et vidéos ! Je les ai longuement admirées durant les mois suivant mon retour, un peu comme si cela me permettait de prolonger le voyage.

Il reste aussi tous mes souvenirs qui jaillissent à la moindre étincelle. Un nom de pays, une ville, un visage étranger me rappellent le bonjour local ou une anecdote passée. Je suis toujours prêt à bondir pour partager un souvenir ou un conseil quand l’occasion se présente.

Les amitiés nées durant ce périple sont aussi des traces indélébiles de ce voyage. Apparues à l’autre bout du monde et se poursuivant ici en France, elles ont une puissance particulière, probablement une liaison magique créée par le voyage.

Les changements de perception des religions et des cultures, les changements personnalité, sont aussi des traces marquantes de ce tour du monde. J’ai développé mon aptitude à relativiser et à apprécier ce que j’ai déjà. Maintenant, je souhaite que cela s’inscrive dans la durée.
Les 33 vols en six mois étaient thérapeutiques puisque j’ai désormais moins peur de prendre l’avion ! Mes sensations de vertige sont aussi extrêmement réduites. Les multiples confrontations aux immensités de la nature et de l’homme ont fait que je me suis habitué à la démesure.
Je sens que je me suis encore plus ouvert au monde, je comprends mieux les différences de point de vue. Cela me permet de mieux les respecter.
Paradoxalement, j’ai plus de problèmes avec « la masse » ou plutôt le tourisme de masse. Souvent, j’ai été écœuré par le manque de respect qu’à l’Homme envers ce qui l’entoure, la planète, la nature, les animaux ou ses congénères.

Et pourtant, j’espère que la prise de conscience actuelle de tous ces problèmes écologiques et éthiques, permettra d’améliorer rapidement les comportements. La planète que j’ai parcourue est immense et solide ! Les petits humains ne laissent que quelques stigmates parmi tant d’autres. Finalement, j’ai compris qu’il ne s’agit pas de sauver la planète, mais de sauvegarder l’humanité.

Le retour à la vraie fausse vie

Les premières heures sont traumatisantes, elles représentent un coup de balai sur une expérience extraordinaire.  Très rapidement, les réflexes de vie, de quotidien reviennent, courses, machines à laver, ménage… Les premières semaines, le retour de ses habitudes est un peu rassurant. Elles ne sont pas concurrentes du « I did it ! » (je l’ai fait pour les anglo-phobiques). En revanche, j’ai eu ce drôle de sentiment que ce mode de vie standardisé, celui auquel nous sommes formatés depuis notre plus jeune âge, n’est pas la réalité, mais qu’une illusion. J’adore mon travail, je suis un passionné et ce n’est pas une corvée pour moi d’aller travailler. Mais malgré cela, c’est tellement plus excitant de voyager et de vivre de vraies émotions. La fatigue du travail est beaucoup plus néfaste et parait davantage insurmontable que la fatigue d’une journée de découvertes et de rencontres. Le travail, en tout cas mon travail, ne génère que très peu d’émotions exacerbées. Je peux ressentir la joie, mais rarement l’émerveillement ou l’euphorie. Les rencontres professionnelles génèrent peu d’affection ou d’attendrissement alors qu’en voyage, il n’est pas exceptionnel d’avoir les larmes aux yeux en voyant partir une connaissance de seulement trois jours. Quant aux émotions négatives, elles sont plus rares en voyage, plus brèves, mais aussi plus redoublées. Au travail, il est plus facile d’être agacé ou énervé par de petites bêtises qui n’ont finalement pas tant d’importance que ça.

Le blues du TDM

C’est au mois de décembre, soit trois mois après le retour, que j’ai été extrêmement mal. J’étais plongé dans une tristesse inexplicable. A ce moment, j’ai trouvé le retour très rude. J’étais perdu entre deux mondes, celui de la fausse réalité et celui du voyage. La journée, j’étais relativement épanoui puis le soir, je me noyais dans le tri de mes photos et je tentais de revivre les émotions passées. J’étais obsédé par le fait de repartir en tour du monde, je l’espérais le plus vite possible. Enfin, un soir, je me suis confronté à mes problèmes. Finalement, ils étaient très simples puisqu’ils se résumaient à : être nomade ou sédentaire ? La réponse m’a sauté à la figure, le voyage n’est pas incompatible avec la vie sédentaire. Je me suis fixé des objectifs à long terme agrémentés de bulles de plaisir (de voyage quoi). J’ai aussi décidé de changer quelques meubles, de passer à la v2.0 de ma vie et de préparer un voyage en Afrique !

L’aventure continue…

Le plus dur était de comprendre que cette aventure en masquait beaucoup d’autres. Le voyage est maintenant tatoué dans mon mode de vie. Mon travail me permet de m’épanouir dans ma vie professionnelle et il me permet de financer mes voyages. Ceux-ci à leur tour me permettent de m’épanouir dans ma vie personnelle. La boucle est bouclée.

Voyager à l’étranger ce n’est pas donné, voyager en France réduit les dépenses. D’accord, ça fait un peu slogan, mais cela est très proche de la réalité. Financièrement, c’est compliqué de partir à l’étranger tous les week-ends ! Je me suis rabattu sur ce charmant pays qu’est la France et qui m’a offert de splendides paysages !

Un TDM 2 ?

Les premiers mois, le TDM 2 était une évidence et il devait se faire le plus vite possible, au maximum deux ans plus tard. Le TDM blues passé, je revois ma copie. Je ne suis pas contre repartir faire le tour du monde, mais (vraiment) pas tout de suite. Je me suis rappelé tous les sacrifices financiers. Pendant deux ans, toutes mes dépenses étaient orientées uniquement dans le financement de ce projet. Ce fut la même chose pour le temps, il n’était plus utilisé pour ma famille ou mes amis, mais il était exclusivement dédié aux TDM, à la préparation.

Je laisse le temps au temps et je sais que je saurai saisir la bonne opportunité, l’autre bon moment de ma vie pour faire ce probable TDM 2. Pour l’instant, je suis « CARPE DIEM ».

3 thoughts on Un an après le retour d’un tour du monde

  1. Voilà que le Tdm se prolonge…bien vrai que l’Europe est à découvrir!!! Une petite réflexion: qu’est ce qui est vraiment illusion ou réalité? Le monde quotidien ou l’ailleurs? La réalité est dans l’instant présent où que l’on se trouve. La réalité est la pleine présence en soi avec le Soi…on peut être dans une cellule de prison et vivre libre intensément…être dans l’ailleurs peut être de l’illusion …voilà , j’ai assez philosopher. À chacun son expérience de vie. Je te souhaite de vivre une belle expérience en Afrique à vous deux à ma découverte d’un ailleurs peuplé de présences tout à fait nouvelles. Bisous

    Anne Lambert

  2. Mais comment ai-je pu passer à côté de tes derniers articles ?! Je pensais que tu n’écrivais plus ici, et en fait si… Bon, la bonne nouvelle c’est que du coup cela me fait plein de lecture 🙂 Merci pour le partage de ton ressenti un an après le retour… Ton passage sur les émotions en particulier m’a beaucoup touchée, je n’avais jamais pensé les choses ainsi mais je m’y retrouve beaucoup. Après, ce qui nous sauve, c’est qu’on peut tout de même voir des moments d’euphorie dans la vie quotidienne… mais rarement au boulot, c’est vrai 😛
    J’attaque la lecture africaine ! Bises.

    • Merci pout ton message! Oui c’est vrai, le quotidien a quand même son lot de rires et heureusement. Mais dès que je regarde les photos de gens en voyages, ils ont ce sourire que je retrouve rarement chez les parisiens dans le métro 🙂

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